← Tous les articles

6 novembre 2026

Spécialités savoyardes : que ramener de Savoie

En bref

  • Le beaufort est le seul fromage savoyard réellement fait pour le voyage : pâte pressée cuite, il tient des semaines et ne sent rien.
  • Le reblochon est le contraire : fragile, odorant, à consommer vite. Sous vide et en glacière, sinon renoncez.
  • Les crozets, ces petites pâtes carrées au sarrasin, sont le souvenir savoyard le plus pratique et le moins connu.
  • La tartiflette n'est pas un plat ancien : la recette telle qu'on la connaît date des années 1980.

Les fromages, du plus au moins transportable

Le beaufort d'abord. C'est une pâte pressée cuite, fabriquée en meules de quarante kilos dans les hautes vallées, avec une appellation d'origine protégée et trois catégories selon la saison de production. Le beaufort d'été, fait avec le lait des alpages, est plus parfumé. Un morceau de beaufort voyage huit heures en voiture sans que personne ne s'en aperçoive.

L'abondance et la tomme de Savoie suivent, un peu plus fragiles mais sans réelle difficulté. La tomme est le fromage du quotidien savoyard, la moins chère et la plus polyvalente.

Le reblochon ferme la marche. Fromage à croûte lavée, au lait cru pour la version fermière marquée d'une pastille verte, il est délicieux et il pose tous les problèmes : il coule, il sent, il n'attend pas. Achetez-le en fin de séjour, faites-le emballer sous vide, et prévoyez une glacière si vous avez de la route.

Les crozets, le souvenir que personne ne rapporte

Ce sont de minuscules carrés de pâte, au sarrasin ou au froment, séchés. Ils cuisent en une quinzaine de minutes et servent à faire la croziflette, cousine de la tartiflette. Un paquet coûte quelques euros, pèse cinq cents grammes, se garde un an et n'existe pratiquement pas en dehors de la Savoie.

C'est, avec le beaufort, ce que je conseillerais de rapporter en premier. Et pourtant les rayons de souvenirs de station en vendent moins que de porte-clés en forme de marmotte.

La charcuterie et le reste

Les diots, saucisses de Savoie qu'on cuit au vin blanc, et les pormoniers, saucisses aux herbes et aux légumes, sont deux produits typiques qui supportent bien le transport en sac isotherme. La viande des Grisons se trouve aussi, mais elle est suisse, pas savoyarde.

Côté sucré, le gâteau de Savoie est très léger, très aérien, et se garde deux jours. Les rissoles, chaussons aux fruits, se mangent le jour même.

À boire

Le génépi, cette liqueur obtenue par macération d'une petite armoise de montagne, est l'apéritif et le digestif savoyard. Il en existe une infinité de versions maison, souvent meilleures que les industrielles, parfois offertes en fin de repas dans les refuges.

Les vins de Savoie méritent qu'on s'y arrête : l'apremont et la roussette en blanc, la mondeuse en rouge, sur des cépages qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Ce sont des vins vifs, faits pour la fondue, et ils voyagent aussi bien que n'importe quelle bouteille.

Ce qui se mange sur place

La fondue, la raclette et la tartiflette, évidemment. Un mot sur cette dernière, parce que l'histoire est amusante : la tartiflette telle qu'on la connaît, avec ses lardons et sa crème, a été mise au point et diffusée dans les années 1980 pour soutenir la vente du reblochon. La base existait, le plat est récent. Cela ne l'empêche pas d'être excellent.

L'objet savoyard

Le couteau Opinel

Fabriqué en Savoie depuis la fin du XIXe siècle, avec sa virole tournante et son manche en hêtre, c'est probablement l'objet français le plus vendu au monde à ce niveau de prix. Le musée de la marque se visite à Saint-Jean-de-Maurienne. Un Opinel numéro 8 coûte le prix de deux magnets et dure une vie.

Le bois et les cloches

Objets tournés, plats à fondue, et les sonnailles, ces cloches de troupeau en tôle emboutie et laiton. Une sonnaille est lourde, bruyante et complètement inutile chez soi. C'est aussi le souvenir le plus savoyard qui existe.

Ce qui reste après

Le beaufort dure trois semaines, les crozets un hiver, la bouteille de génépi plusieurs. De la Savoie, ce qui manque ensuite, c'est l'échelle : les sommets qui ferment l'horizon, la lumière rasante de quatre heures sur la neige.

Une carte illustrée de 7 sur 10 centimètres, sortie d'un distributeur mécanique pour 2 euros, garde cette image au-dessus d'un bureau. Le réseau se construit ville par ville et la carte du site indique les commerces déjà équipés. Voir la carte des machines.

FAQ

Quel fromage savoyard rapporter ?

Le beaufort, sans hésitation : pâte pressée cuite, il supporte des heures de voiture et se garde des semaines. La tomme de Savoie est le bon second choix. Le reblochon est le plus fragile des trois.

Qu'est-ce que les crozets ?

De petites pâtes carrées, au sarrasin ou au froment, séchées et typiquement savoyardes. Elles cuisent en quinze minutes, se gardent un an, et servent à faire la croziflette.

Le génépi est-il en vente libre ?

Oui, la liqueur commerciale se vend partout. La cueillette de la plante, elle, est réglementée en montagne, parce que l'espèce a été surexploitée. C'est pour cette raison que les versions maison sont souvent faites à partir de plants cultivés.

Que ramener de Savoie qui ne se mange pas ?

Un couteau Opinel, un objet en bois tourné, une sonnaille, ou une image du sommet que vous avez regardé toute la semaine. Le reste des rayons de station se ressemble d'une vallée à l'autre.

Pour aller plus loin